En 1923, le groupe Gillet achète 75 hectares de terrain dans le secteur de la Poudrette à Vaulx la Côte en vue de l’implantation d’une usine de soie artificielle. Le choix de cet emplacement s’explique par la nécessité de s’éloigner de l’agglomération à cause des nuisances industrielles comme les émanations toxiques et risques d’explosions, par le prix très raisonnable du  terrain, par la proximité de la voie ferrée de l’Est, facilitant l’approvisionnement en matières premières et le transport des produits finis, par la proximité de la centrale hydroélectrique de Cusset et, pour finir, par la présence d’une abondante nappe phréatique.

 

Elle est l’œuvre de la famille Gillet active dans l'industrie de la teinture depuis la moitié du XIXème siècle. Les Gillet ont créé avec la famille Carnot le CTA (Comptoir de Textile Artificiel) qui contrôle l’ensemble de recherche et des ventes en France.

 

L'usine, implantée au sein de l'actuel quartier du Carré de Soie en 1924, avait pour vocation la production de ce que l'on appelle la "viscose", l'autre  nom de la soie artificielle. La viscose s'obtient à partir de cellulose. La nature fabrique de la cellulose, notamment dans les bois, sous forme de fibrilles microscopiques non utilisables en l'état. Mais, lorsque l'on dissout ces fibrilles et que l'on réussit à les coaguler entre elles après passage dans des trous de filières, on obtient un fil ressemblant à la soie naturelle. De la viscose peut découler trois sortes de production aux applications différentes: la Rayonne, le Fil Industriel et la Fibranne. La Rayonne fut le type de textile le plus produit au sein de l'usine.

 

En 1929, l'usine emploie 3000 salariés chargés de faire tourner l'usine sept jours sur sept et 24 heures sur 24, elle est alors à l'apogée de sa production. Une main d’œuvre immigrée représente jusqu’à 90% des employés. Arméniens, russes, polonais, italiens, espagnols, algériens, tunisiens, marocains et portugais viendront, par vagues successives, participer à l'aventure soyeuse vaudaise.

 

En 1931, l'usine est touchée par la crise économique. Une des trois filatures est arrêtée et un tiers du personnel est licenciée. En 1936, des grèves éclatent à l'usine, elles dureront 58 jours, jusqu'aux accords de Matignon. En 1939, au début de la Seconde Guerre mondiale, l'usine de Vaulx-en-Velin compte 2000 employés. Au fil du temps, la production de la Fibranne cesse à cause de la baisse des ventes. En 1951, une crise mondiale frappe la Rayonne. La filature de Vaulx-en-Velin réduit son activité, 50 personnes sont licenciées. En 1958, l'effectif de l'usine est de 1300 personnes. Cette année-là, le CTA se rapproche de Rhône-Poulenc pour créer Rhône Poulenc Textile A Vaulx, une filature de Nylon voit le jour à côté du bâtiment principal. La production se poursuit tant bien que mal jusqu'aux années 1970, période du premier choc pétrolier. En 1971, Rhône-Poulenc achète l’intégration du CTA, engage une politique de réduction drastique des effectifs et entame la fermeture progressive mais systématique de toutes les unités de production française.

 

Les crises se succèdent et l'usine vaudaise de la TASE ferme ses portes en 1975. L'usine de Nylon fermera ses portes cinq ans plus tard, en 1980. 

 

Grâce à l’action des associations du quartier pour sauver l’usine de la destruction, sa façade est aujourd'hui inscrite à l’inventaire des monuments historiques.

 

Le classement de la façade témoigne de l’ambition et de la puissance de l’industrie du textile artificiel, de l’évolution de l’architecture industrielle française entre les deux guerres sous l’influence de modèles anglo-saxons et de la création ex nihilo d’un vaste quartier dans l’Est lyonnais regroupant site de production, logements et équipements collectifs.

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