A la différence de beaucoup de cités ouvrières, la Petite Cité de la TASE présente une grande variété de maisons disposées sur des allées sinueuses,  enclave presque rurale au beau milieu de la ville.

 

Expression architecturale, urbaine et naturaliste inspirée du modèle anglais, la cité jardin voie le jour en France au début du XXème siècle. Fruit d’une utopie réaliste, cette théorie découle de l’idéologie désurbaniste des hygiénistes britanniques. Pensés pour offrir un cadre de vie champêtre aux masses ouvrières, ces lieux de vie s’implantent loin des nuisances des agglomérations industrielles.

 

La Petite Cité fut construite dès 1924. 97 pavillons ou  maisons d’habitations hygiéniques furent érigés sur 11 hectares comprenant 297 logements.  Dans la phase de pénurie de la main d’œuvre et de crise aiguë du logement d’après-guerre, il s’agit de fixer les employés sur place en liant contrat de travail et location. Pour compenser la faible attractivité des emplois proposés et l’isolement du site, l’usine  propose des loyers très avantageux, des services de base pour la plupart gratuits, des équipements de loisirs et des commerces alimentaires. Les ouvriers, d’ordinaires mobiles, se stabilisent et l’usine réduit l’absentéisme, le retard et la désaffection.

 

La Petite cité se situe au sud de l'usine TASE sous le vent des trois grandes cheminées qui dominent le site industriel. La production de viscose provoque des rejets d'airs chargés d'acide et les habitants du quartier tentaient d’étendre leur linge le dimanche, jour de ralentissement de la production, afin d'éviter que ce dernier ne soit trop pollué ou même troué.

 

A ses débuts, cette Petite Cité accueille les premiers employés toutes origines confondues. Les maisons étaient séparées en deux ou quatre appartements et occupées par le tout-venant, à savoir, des familles ouvrières espagnoles et italiennes Avec la construction de la Grande Cité et ses 500 logements, elle sera ensuite réservée aux contremaîtres, aux ouvriers qualifiés et aux membres du service d'entretien qui doivent être à tout moment disponibles pour une intervention d'urgence à l’usine. Trois grandes villas et quelques maisons plus spacieuses sont construites à l’ouest de la cité. Tous ces pavillons disposent pour chaque logement d’un cabanon, un jardinet, un poulailler et deux arbres fruitiers plantés par l'usine, un pêcher et un cerisier. Les habitants vivaient en véritable autarcie dans ce que l’on pourrait nommer, une “colonie de travail”, basée sur un système rappelant l’époque coloniale. Église, bar, cinéma, casino, laiterie, boucherie et infirmerie étaient à la disposition des habitants de la Petite Cité. Tout ce dont les ouvriers avaient besoin se trouvait à proximité, ils ne se déplaçaient donc que très rarement en ville. Il s’agissait véritablement  d’une « colonie industrielle » où la qualité de vie élevée contrastait avec les conditions de vie ouvrière de l’époque.

 

Au sein de cette Petite Cité, 3 lavoirs étaient à disposition et constituaient de véritables lieux de sociabilités. Ils furent détruits après la guerre pour faire place à des garages, le dernier, sur la placette devant la Boule en soie, a disparu en 1960.

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