La Grande Cité fut construite à partir de 1926 pour pallier au manque de logements ouvriers. Elle fut nommée ainsi en opposition à la Petite Cité pavillonnaire voisine. 20 immeubles de quatre étages sur neuf hectares sont alors érigés, comportant  en 1970, 491 logements sur quatre étages. Chaque logement dispose d’un jardin de 80 à 120 m² avec un  tonneau de récupération d’eau de pluie et un abri de jardin. Un règlement contraignant interdisant les démolitions, les élevages d’animaux, et imposait des règles d’hygiène strictes.

 

Suite aux mouvements grévistes de juin 1939, la direction de l’usine, apeurée, demande au Ministère de l’Intérieur la protection  du site de la TASE. Le Ministère envoie le 4e escadron de la 6e légion de la Garde républicaine. Dans le même temps, le chômage explose partout. 500 ouvriers sont licenciés dont une centaine habitant la Grande Cité. 160 logements sont alors attribués aux gardes républicaines. La cohabitation entre ouvriers et représentants de la loi durera jusqu’en 1966. Après la fermeture de l’usine, huit bâtiments furent détruits.

 

L’usine TASE ouvre ses portes en 1924 et, d’emblée, elle cherche de la main d’œuvre en grande quantité pour assurer sa production. Une partie de la population du secteur décide de tenter sa chance en signant un contrat d’embauche avec l’usine mais, rapidement, la direction remarque le caractère volatile de la main d’œuvre.

 

En effet, les conditions de travail au sein de l'usine TASE étaient très pénibles entraînant de l'absentéisme et une certaine instabilité de la main d’œuvre. Les ouvriers lyonnais, rebutés par les accidents de travail, les faibles salaires et le caractère géographique isolé de l'usine, restaient peu de temps dans l'entreprise. C'est pour cette raison que le groupe Gillet décida la mise en œuvre d'une politique de recrutement dans les campagnes et surtout à l'étranger.

 

Des agents recruteurs de la maison Gillet étaient envoyés dans la Loire, l'Ardèche, l'Isère, la Drôme et les Hautes-Alpes pour recruter des familles de paysans et des jeunes filles. Ces recruteurs furent également envoyés dans les pays d'émigration afin de sélectionner la main d’œuvre intéressée par la perspective d'une embauche à la TASE.

 

L'immigration s'est faite par vague successive au sein de l'ensemble industriel. Dans les années 1920, ce sont d'abord les italiens qui, fuyant pour la plupart le régime fasciste, se rendirent en France dans différents sites industriels français. Des espagnols, généralement seuls, arrivèrent sensiblement à la même époque fuyant eux aussi, un régime autoritaire. La deuxième vague d'immigration importante fut constituée de polonais poussés hors de leur frontière par la pauvreté et le manque de perspective de travail. Des hongroises, dans la même période, arrivaient en masse pour travailler à l'usine. A partir de 1938, la France, en manque de main d’œuvre suite au départ précipité des français sur le front, fait appel à la force de travail de ses colonies. A la suite de la seconde guerre mondiale, l'usine fait de nouveau appel à de la main d’œuvre étrangère en provenance, cette fois, d'Afrique du Nord, essentiellement d’Algérie mais aussi du Maroc et de la Tunisie et enfin, de l’ex-Yougoslavie et surtout du Portugal.

 

Pour se donner un ordre d’idée, en 1931, près de 80% des résidents de la cité industrielle étaient d’origine étrangères pour seulement 20% d’individus de nationalité française.

 

Au regard de ce bref compte-rendu, on observe que l’histoire de la ville de Vaulx-en-Velin est très fortement liée à son immigration. La TASE fut le principal attracteur de main d’œuvre étrangère et la physionomie de la population vaudaise d'aujourd'hui est directement liée au passé de l'usine TASE.

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  • Organisme : Vive la TASE ! ( Association )
  • Mis en ligne le : 28/11/2019
  • Mis à jour le : 28/11/2019
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