A l’initiative de la société de la “Soie artificielle du Sud-Est”, la “maison Jeanne D’arc” ou “l’hôtel Jeanne D’arc” est construit à la fin des années 1920. Elle était placée sous la surveillance des Sœurs de Saint-Sauveur de Niederbronn en provenance d’Alsace. Cet hôtel propose 300 chambres et des locaux collectifs (bibliothèque, salle de couture, chapelle…) destinés à des jeunes filles françaises ou étrangères, à partir de 13 ans, travaillant à la TASE et dont le domicile familial était trop éloigné pour qu’elles puissent s’y rendre. 300 filles se partageaient les locaux sur trois étages. Des françaises, italiennes, espagnoles, hongroises et autrichiennes vivaient alors sous le même toit, sous le regard bienveillant des religieuses.

 

Le but de ce foyer était de donner à ces jeunes filles une certaine idée de la “vie de famille” avec toutes les garanties morales qui en découlent, et cela dans un environnement matériel confortable.

 

Chaque pensionnaire possédait sa chambre individuelle meublée, chauffée et équipée en toilettes et eau courante. Des salles de bains étaient à la disposition des jeunes filles deux fois par semaine. Une infirmerie et une salle de repos se trouvait également au sein de la maison, à l’entière disposition des pensionnaires. En fonction de leurs aptitudes, les jeunes filles étaient initiées au finissage de la soie (dévidage, moulinage, flottage). Les sorties étaient interdites, sauf pour celles relativement proches de leur famille. Le temps libre était consacré à des cours ménagers comme la cuisine, la couture ou encore le repassage. Elles avaient également le droit à des distractions comme la lecture, des jeux divers en intérieur ou des promenades. Ces dernières apprennent également à lire et à écrire grâce à des cours prodigués par les bonnes sœurs.

 

La paye des jeunes filles passait par les sœurs qui prélevaient la pension et constituaient pour chaque pensionnaire une réserve qu’elles touchaient à leur départ. Au bout d’une année de présence accompagnée d’une discipline irréprochable, les filles se voyaient accorder un congé de quelques jours.

L’Hôtel ferme en 1933, devient une caserne, puis un hôpital militaire en 1939 et, en 1940, l’Ecole Polytechnique se repliant vers l’arrière à cause de la seconde guerre mondiale. En 1945, le bâtiment est vendu à l’Etat pour créer l’École Normale Nationale d’Apprentissage de Lyon. En 1950, la société TASE vend l’hôtel Jeanne D’Arc pour 60 million d’anciens francs. En 1956, un centre d’apprentissage d’applications ouvre ses portes dans les locaux de l’ENNA. En 1991, l’ENNA devient l’IUFM (institut de formation des maîtres). En 2013, l’IUFM ferme ses portes. Depuis 2016, une partie des locaux de l’ancien IUFM sert de lieu d'hébergement de migrants, une sorte de retour aux sources pour ce bâtiment voué à l’origine à accueillir des travailleurs étrangers. 

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