À l’angle des rues de la Poudrette et Alfred-de-Musset, dans le quartier des Brosses, se trouve un bâtiment qui servit de cantonnement pour les travailleurs indochinois contraint de force à travailler à la TASE à partir de 1941. Ce dernier a été installé à la lisière de la Petite Cité. Ce bâtiment en forme de L contenait deux dortoirs où les travailleurs dormaient, des toilettes, des lavabos, deux entrées autonomes, un réfectoire et un dortoir individuel pour le sergent chargé de l’encadrement des indochinois.

 

Le cantonnement, par sa localisation, rendait presque impossible toutes les pratiques d’isolement et de ségrégation spatiale. Situé au cœur du quartier industriel, à proximité des maisons, d’une coopérative, d’une école et d’une église, il permit aux indigènes de s’intégrer à la communauté locale facilement. La présence d’un terrain vague à proximité du cantonnement a, selon les dires, amené la confrontation amicale entre indochinois et français lors de matches de football. Selon Monsieur Thieu, ancien travailleur indochinois à la TASE, le cantonnement représentait pour eux une amélioration de leur condition de vie. En effet, ballotés entre l’Indochine et différentes régions françaises, les indochinois n’avaient plus connus de conditions de vie décentes depuis quelques années. Monsieur Thieu vante la qualité du lieu en citant la présence de douches, de toilettes et de lits dignes de ce nom lui qui, lorsqu’il se trouvait dans le bateau le menant d’Indochine à la France, dormait au fond de ce dernier dans des conditions d’hygiènes déplorables. Les difficultés se perpétuent une fois arrivé en France avec le manque de conditions d’hygiènes acceptables, de nourritures et les brimades et vexations qu’ils subirent par les français. A partir de l’installation de la compagnie à Villeurbanne, leur sort va s’améliorer pour ces hommes qui ont connu depuis le départ de leur pays d’origine une continuelle dégradation de leur condition d’existence. L’amélioration se fait sur le plan alimentaire, vestimentaire et sanitaire. Le cantonnement était une aubaine pour ces individus qui, fatigués de devoir sans cesse se déplacer, trouvaient enfin un lieu où s’ancrer et où les conditions de vie étaient enfin à hauteur de dignité humaine.

 

Il faut attendre 1950 pour voir le cantonnement vidé de ses occupants indochinois. Il deviendra par la suite, après le départ des indochinois, une école maternelle en 1952 ou 1953 le temps que le nouveau groupe scolaire Ambroise Croizat ouvre ses portes en 1954.

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