En 1889, un groupe de soyeux décident d’appuyer le projet de Jean-François Raclet, ingénieur lyonnais, qui imagine une dérivation du Rhône à Jonage dans le dessein de créer un barrage hydroélectrique. Il s’agit de produire de l’électricité à grande échelle, pour compléter celle fournie par la Compagnie du Gaz à partir de petites centrales implantées en ville. La compagnie du Gaz, alors principale fournisseuse d’énergie au XIXème siècle, détient le monopole de la distribution d'électricité et de gaz et fixe des prix trop élevés pour que les entreprises puissent s’aligner.

La construction d'un canal de dérivation du Rhône, le canal de Jonage, et de l’usine hydraulique commence en 1894. L’immense chantier est équivalent à celui du tunnel sous la Manche au XXème siècle en termes de moyen financier. L'aménagement a un triple objectif : produire de l’électricité, améliorer la navigation et fournir de l'eau. 3000 personnes travaillent sur le chantier, souvent jour et nuit, dans des conditions dangereuses. Le chantier comprend un ouvrage de garde, le barrage de Jonage qui règle le débit du canal, un déversoir de sécurité évacuant les trop-pleins, un réservoir compensateur permettant de stocker l'eau et de réduire les débits si nécessaire et, pour finir, la centrale hydroélectrique de Cusset.

Le chantier s'achève en 1899, la centrale commence alors à produire de l’électricité grâce à ses quinze turbines.

D'une puissance de 7 000 Kw, l'usine, au début du XXème siècle, est la plus puissante de France et l’une des plus puissantes du monde. Le premier quartier desservi par la Société Lyonnaise de Forces Motrices du Rhône fut le quartier de la Croix Rousse et permis aux derniers canuts d'acquérir des moteurs électriques. Au-delà des nombreux ateliers ainsi équipés, l'électricité hydraulique abondante et bon marché permet le développement des secteurs les plus dynamique et novateur de la grande industrie lyonnaise (métallurgie, mécanique, transports, chimie) à l’image du constructeur automobile Berliet.

Selon la loi du 8 avril 1946 qui nationalise l’électricité et le gaz, l'exploitation de la centrale est transférée à EDF. En 2002, la concession est renouvelée à EDF pour 40 ans. Le contrat s'accompagne d'un important programme de rénovation et d'amélioration de l'ensemble des équipements et de plusieurs actions d'accompagnement du territoire comme la participation financière à la création de l'anneau bleu, le désenvasement du Grand Large ou bien encore l'achat de la navette électro-solaire qui circule actuellement sur le canal de Jonage d'Avril à Octobre.

En 2008, l'aménagement est entièrement automatisé. L'association Usine Sans Fin et EDF œuvrent ensemble à mettre en valeur et faire connaître ce patrimoine qui allie histoire et modernité.

La centrale produit en effet encore et toujours l'équivalent de la consommation domestique de la ville de Villeurbanne.

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Bibliographie

Thèse : Lucie Bernard-Légat, LBL ( 2006 ). La patrimonialisation d’un ouvrage hydroélectrique en milieu périurbain : le cas du canal de Jonage. : Français, consulté le 23-01-2020.

  • Organisme : Usine Sans Fin ( Association )
  • Mis en ligne le : 23/01/2020
  • Mis à jour le : 23/01/2020
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